jeudi 18 décembre 2014

Le Cimetière des Livres oubliés

Je vénère cet écrivain et je ne remercierai jamais assez celles qui m'ont fait découvrir cet auteur espagnol, Carlos Ruis Zafon, et ses romans plus ensorcelants les uns que les autres. Dès les premières lignes, je suis tombée sous le charme et depuis, j'ai lu tous ses romans ou du moins tous ceux sur lesquels j'ai pu mettre la main. Ainsi, le seul qui manque à l'appel est un roman intitulé Les Lumières de Septembre. Aujourd'hui, je vais vous parler ou tenter de vous parler (car mes balbutiements ne pourront jamais rendre réellement compte de cette œuvre magnifique, incroyable, extraordinaire et magique) du cycle du Cimetière des Livres oubliés. Trois romans qui peuvent se lire indépendamment mais dont les intrigues sont liées, les histoires se mêlent et ne forment finalement qu'une, qui n'a ni début ni fin. 
Carlos Ruis Zafon place ses romans dans une Barcelone sombre et inquiétante. Écrivains tourmentés, libraires en quête d'aventures et de mystères, femmes fatales, personnages inhumains à la cruauté sans égale, policiers amateurs de torture, voleurs, assassins, autant d'âmes damnées qui errent dans une "ville des maudits" plus belle et plus terrifiante que jamais. La plume de Carlos Ruis Zafon nous emporte dans un tourbillon de noirceur, ponctué de notes d'espoir et de traits d'humour le plus souvent sarcastique, aux côtés de personnages attachants et d'autres détestables. Les romans de Carlos Ruis Zafon sont des véritables poèmes, les mots chantent et sont harmonieux. Il n'y a pas une phrase qu'il ait écrite que je n'aie pu trouver juste et magnifique.

Le jeu de l'ange



 

Résumé


Dans la turbulente Barcelone des années 1920, David, un jeune écrivain hanté par un amour impossible, reçoit l'offre inespérée d'un mystérieux éditeur : écrire un livre comme il n'en a jamais existé, "une hstoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d'être tués", en échange d'une fortune et, peut-être de beaucoup plus. Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique de destruction se met en place autour de lui, menaçant les êtres qu'il aime le plus au monde. En monnayant son talent d'écrivain, David aurait-il vendu son âme au diable ?

Ce que j'en ai pensé

Le lecteur plonge dans l'esprit tourmenté de David Martin, écrivain maudit et poursuivi par un mystérieux éditeur. On s'attache à cet homme seul, torturé, sarcastique et désabusé. On partage tout avec le personnage : ses amours, ses peurs et surtout cette tristesse infinie qui accompagne le jeune homme tout au long de sa vie obscure et sordide. Dans ce roman magistral mené avec beaucoup de justesse, les frontières entre le réel et le fantastique se confondent. Et c'est rempli de doutes que l'on repose ce livre, le cœur battant à cent à l'heure et le souffle court. Une question nous taraude : cette histoire est-elle le fruit d'un cerveau embrumé et malade proche de la schizophrénie ou cette histoire teintée de sang et au goût de mort est-elle bien réelle ? Ce roman nous glace, nous envoûte et nous transforme. Une lecture fabuleuse et déconcertante, terrible et terrifiante, inquiétante et sublime.

L'ombre du vent

 

 

Résumé


1945. Barcelone se réveille après neuf années de guerre. Dans une ruelle étroite, deux silhouettes émergent au petit jour. Un père, libraire, et son fils de 10 ans s'en vont sacrifier à un rituel centenaire. Bientôt, le Cimetière des livres oubliés leur ouvrira ses portes. Parmi les fantômes et les rayonnages, le jeune Daniel choisira un volume, un seul. Ce sera L'ombre du vent. Dès lors, la recherche de son auteur, Julian Carax, obsédera Daniel jusqu'à façonner le cours de son existence...

Ce que j'en ai pensé


Encore une fois, un chef d’œuvre. Moins sombre que le précédent, ce roman est toutefois rempli de mystères, de suspense. L'auteur jongle entre le fantastique et le réalisme avec brio et laisse le lecteur dans le doute jusqu'à la fin du roman. Cependant, contrairement au Jeu de l'Ange, le doute ne subsiste pas.  Ici, nous suivons avec inquiétude les aventures du jeune Daniel, un jeune garçon attachant, dans sa quête d'une histoire obscure, celle d'un auteur peu connu et étrange. Dans ses recherches, il va découvrir de noirs secrets mais aussi rencontrer des personnages plus intéressants les uns que les autres, des personnages complexes, profonds, recherchés et tous entourés de mystère.
J'avais l'habitude de dire qu'il s'agissait de mon roman préféré de Carlos Ruis Zafon mais après avoir relu à la suite les trois livres du cycle du Cimetière des Livres oubliés je suis incapable de faire une préférence pour l'un ou pour l'autre. Ce qui est sûr c'est que roman est sans doute moins sombre que les deux autres, le personnage principal étant relativement heureux bien qu'il soit entraîné dans des histoires assez scabreuses. Bref, il s'agit d'un roman absolument magnifique, écrit avec beaucoup de justesse, de poésie, de vérité et d'émotions.

Le prisonnier du ciel

Résumé

 

 

Barcelone, 1957
La sonnette tinte sur le seuil de la librairie Sempere. Le client s'approche de Daniel en boitant. L'objet de sa visite ? Un magnifique exemplaire du Comte de Monte-Cristo... Qu'il laisse à l'attention de Fermin, en congé, accompagné d'un curieux message du passé... C'étaient les heures noires du franquisme : à la prison de Montjuïc, parmi les damnés du régime, Fermin portait le numéro 13. Les fantômes refont surface. Dans l'ombre, le Cimetière des Livres oubliés cache toujours son secret...

Ce que j'en ai pensé


Dans ce roman, nous apprenons le passé trouble et bien sombre de Fermin, personnage de L'ombre du vent. L'écrivain évoque la souffrance des prisonniers du franquisme. Un roman noir qui s'inspire de faits malheureusement réels car bien que Fermin et ses compagnons de cellule soient des personnages complètement fictifs, leurs conditions de détention étaient le lot quotidien de nombre de prisonniers. L'ombre des années sombres du franquisme plane encore au-dessus de la prison lorsque Fermin évoque ce passé douloureux. C'est dans ce roman précis que nous comprenons que tout est lié. En effet, Le Prisonnier du ciel fait la jonction entre Le Jeu de l'Ange et L'ombre du vent et plus précisément entre leurs deux héros respectifs David et Daniel. Mais on peut s'amuser tout au long de notre lecture à repérer des allusions plus discrètes à des personnages ou des lieux déjà évoqués. Pour finir, Le Prisonnier du ciel est lui aussi un ouvrage magistral, très très beau, le portrait d'hommes qui ont beaucoup souffert, trop souffert. Quand on repose ce roman, il nous laisse un goût d'amertume, un goût de sang et de vengeance sur les lèvres et l'esprit embrumé rempli de doutes et de questions mais émerveillé par une écriture qui nous emporte dans les profondeurs de l'âme humaine.


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